La sélection 2017

En 2017, 6 textes ont été sélectionné sur le thème : LANGUES ET RÉVOLTES. Voici les lauréats :

Le Jardin des simples

 

Mis en voix par Hakim Bah

Résumé :

« Concentration de sentiments, d’énergie, de dits, qui ne soit pas réaliste, qui donne une dimension épique; ne pas réfléchir sur une forme, une structure ou une intrigue, mais faire parler les personnages. » Laurent Gaudé parle ainsi de ce qui prime selon lui dans un texte littéraire.
Le Jardin des simples tend vers ce dessein ; kaléidoscope de destinées fantasmées s’appuyant sur des faits réels. Des hommes, des femmes, des dieux, des enfants se croisent, se racontent leurs guerres, la guerre et une de ses stratégies: le viol. Reportage de guerre théâtrale: Le jardin des simples dresse des portraits d’êtres vivants qui côtoient des dieux et la pire des tortures: le viol, toujours. Instantanés de moments de notre actualité et de notre passé: le Japon et l’Allemagne ravagés par la seconde guerre mondiale se regardent, le militaire français s’englue à Djibouti, la femme bosniaque regarde son enfant serbe, une syrienne demande le respect, super-woman fait un burnout, une déesse des suicidés à métro tente de sauver un libyen, et d’autres… Le jardin des simples était le carré de terre que les moines réservaient aux plantes médicinales; les brisures de ce texte essaient, en s’y référant, de trouver un lopin où s’adosser.


Claire Barrabes sort de l’ESCA d’Asnières sur Seine en 2013. Elle travaille alors notamment sous la direction d’Hervé Van der Meulen, Laurent Serrano, Nathalie Fillion, Yveline Hamon, Christophe Lemaître, Igor Menjinski… En 2010, elle joue dans Dom Juan de Molière mis en scène par René Loyon (Molières 2011). Depuis 2013, elle travaille sous la direction de Vincent Tavernier dans L’Illusion Comique, Les Fourberies de Scapin…. Claire incarne Françoise Sagan dans La Bande du Tabou (Prix de la meilleure mise en scène collective Festival Anjou 2014-). Elle jouera dans Tristesse Animal Noir, mis en scène par Greggory  Fernandes en septembre 2017, au théâtre de l’Atalante. Au cinéma elle joue sous la direction de Benoît Magne dans L’Inattendue, récompensé à l’International Film Festival de Los Angeles en 2009.

Autrice, Claire signe Dis camion ! (Prix CNT-Aide à la Création 2013)-Créé par Sidney Ali Mehelleb en 2014-2015. A la Chartreuse-CNES, elle écrit sur le viol comme arme de guerre: Deux qui la tiennent…. et Le Jardin des simples. Son cartoon en déambulation, Monstrantrop, est accueilli en résidence à la Faïencerie (janv. 2016). Grâce à un compagnonnage DRAC-DGCA, elle travaille sur une commande de la Cie RL sur la violence de la richesse 7 milliards damnés, lu à la Maison des Métallos (sept. 2015). Claire participe au festival Terres de Paroles (avril 2016), pour le projet Looking for Laodamie, après une résidence à La Chartreuse (avril 2016), ce projet sera en résidence à la Ménagerie de verre en avril 2017 et sera au festival Textes en l’air édition 2017.

Une commune

 

Pour des raisons de production, ce texte ne sera pas lu cette année. Il sera mis en scène par Jules Audry, Compagnie Future Noir. Le texte a été publié aux Éditions théâtrales le 14 novembre 2016.

Résumé :

Une commune, premier opus du triptyque « Retourner l’effondrement », est une fable épique ancrée dans une communauté villageoise dans laquelle se nouent des événements dramatiques que les relations intimes des personnages éclairent avec ingéniosité. Alors que d’aucuns estiment advenue la « fin de l’histoire », validation passive d’une situation politique figée, le retour d’un propriétaire important dans le village va faire naître un sentiment d’urgence à rebâtir du commun. Une union des paysans et des ouvriers avec comme souvenir historique cette Commune de Paris, rare moment de conjonction des luttes.

 


Guillaume Cayet est né en 1990 à Angomont, un petit village lorrain perdu au carrefour de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges. Écolier, il se forme sur les planches du théâtre amateur communal et découvre le théâtre professionnel au Théâtre du Peuple de Bussang.
Après des études universitaires et théâtrales à Metz et à Nancy, il intègre le département écrivain dramaturge de l’Ensatt à Lyon. C’est en 2014 que son premier diptyque, Les Immobiles / Proposition de Rachat, est publié aux éditions Théâtrales, à la suite de l’attribution du prix des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre aux Immobiles.

Depuis, Guillaume Cayet collabore avec la metteuse en scène Julia Vidit, pour qui il est dramaturge et écrit La Grande Illusion (une fable pour deux clowns et soixante comédien-ne-s amateur), ainsi que Dernières pailles, créé en 2016 à l’ACB – scène nationale de Bar-le-Duc où la compagnie de Julia Vidit est en résidence. La même année, il collabore avec elle à la dramaturgie/écriture du Menteur de Pierre Corneille.

Avec le metteur en scène Jules Audry, c’est un autre partenariat qu’il entame en 2014 et qui les amène à développer ensemble en 2015 à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle le projet d’écriture Une commune. Cette collaboration les conduit également à mettre en place avec les actrices Janice Szczypawka et Aurélia Lüscher le projet «États généraux», une série de films documentaires dressant un état des lieux des campagnes françaises et dont le premier épisode est réalisé dans la communauté de communes du Piémont vosgien en 2016.

Dernières pailles et Une commune constituent les deux premiers volets du triptyque d’écriture Retourner l’effondrement, publiés ensemble en 2016 aux éditions Théâtrales, et dont le troisième volet, La terre se dépose au fond, est à paraître en 2017.

Avec Aurélia Lüscher, il fonde la compagnie Le Désordre des choses qui crée en 2015 Les Immobiles, et avec laquelle il ouvre en 2016 un nouveau cycle d’écriture autour de la fracture coloniale intitulé Sortir de la nuit dont le premier texte, Babar (le transparent noir), écrit à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, sera créé en 2017-2018 à la scène régionale de Riom, où la compagnie est en résidence artistique.

Si j’étais mandarin

 

Mis en voix par Eva Doumbia
avec Marie-France Alvarez, Dali Benssalah, Ludovic Lemarié, Marine Pédeboscq. 

Résumé :

Deux frères dans les années 2000 entre ballades urbaines en jogging et premiers flirts. A la télé un massacre au Proche-orient est imminent. Autour d’eux aussi la violence grandit.

 


Anaïs de Clercq est née en 1982. Elle a grandi à Paris. Après le bac elle a étudié la géographie à la Sorbonne et l’arabe aux Langues O et est partie un an au Caire apprendre le dialecte égyptien. A son retour elle a multiplié les stages et les petits boulots. Elle a commencé à écrire après avoir effectué un stage dans une société de production où son poste consistait à lire des dizaines de scénarios chaque semaine. Elle a fait sienne cette jolie phrase de Giacometti « I sculpt because I want to know why I fail ». Elle habite désormais à Bruxelles où elle enseigne le français à des demandeurs d’asile. Si j’étais mandarin est sa troisième pièce de théâtre, elle a été accompagnée par « à mots découverts » et sélectionnée par le label Jeunes textes en liberté.

Ses deux précédentes pièces :

L’attentat disparu. Accompagné par « à mots découverts ». Lecture au théâtre de Rungis (2015). Sélectionné dans le cadre du dispositif de la DRAC Ile-de-France « Résidence territoriale annuelle en établissement scolaire» qui associait le Théâtre 71 et la cité scolaire Michelet à Vanves (2015). Sélectionné au festival du Présent organisé par L’Apostrophe – scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise (2015). Lecture à la Bibliothèque d’Etude et d’Information de Cergy-Pontoise (2016).

Fuck you en chinois. Accompagné par à mots découverts.

J’ai remonté le fleuve pour vous

 

Mis en voix par Carine Piazzi

Résumé :

Le besoin de transmettre. Dire au monde son histoire, sa vie, celle d’un peuple.
Le besoin de raconter pour dire, dire la réalité.
Celle de ce Congo occupé, découpé, annexé, oublié, tyrannisé, … « … » qui laissent à l’imagination la possibilité de s’évader, partir dans des contrées infinies.
Comment dire ?
Quels sont les mots ?
Comment transmettre ces émotions ?
Raconter l’irracontable ?
Ceux qui n’ont pas vécu, comment…
Une rencontre autour de l’écriture, un voyage avec des mots.


Conteur- Comédien – Marionnettiste
Ulrich N’toyo vient du Congo-Brazzaville.
Il est le directeur artistique de la Youle Compagnie basée à Rouen en Normandie, dont il est membre fondateur. Il joue et met en scène les textes qu’il écrit.
Il s’est donné comme mission dans la youle de partager sa vision de l’art, à travers la  valorisation des publics rencontrés pour favoriser le vivre ensemble, tout en luttant contre l’exclusion.
Dans sa région d’adoption, il pose un regard sur « les Forêts et les Espaces Naturels Sensibles » de la Métropole Rouen et du département de Seine-Maritime. Il invite au voyage en écrivant des balades artistiques pour ces espaces.

Cette année, il est comédien dans Africa Democratik Room , une adaptation de la République de Platon. Écrit et mis en scène par Bérangère Jannelle. Une production du CDN de Rouen.
Il crée les masques de la nouvelle création Nkénguegi de Dieudonné Niangouna dont il a été l’assistant à la direction artistique du festival international de théâtre « Mantsina sur scène » de Brazzaville. Il joue également dans plusieurs de ses pièces : Le Socle des Vertiges, Banc de Touche

EN 2012, il a joué dans C’est comment le bout du monde? de Mohamed Kacimi, une version contemporaine de la Conférence des Oiseaux, présente au festival mondial de la marionnette de Charleville Mézières. Une mise en scène de Marja Nikanen.

Il sera en 2010 le conteur sélectionné pour représenter le Congo aux 6ème jeux de la Francophonie au Liban.

De 2003 à 2010, Ulrich a été metteur en scène de la compagnie « Conte Duo », compagnie de théâtre de marionnettes du Congo Brazzaville. Il met sur scène plusieurs spectacles présentés au Festival international des Arts et du Développement de la marionnette et de la Sculpture (FIADEMS) au Cameroun, et qui font de lui l’un des pionniers et formateur de ce festival, subventionné par Culture France, L’OIF, AMA…

En 2008, il met en scène le texte Meyong Meyeme de Henry. J. Leloup. Création internationale au Cameroun qui regroupe deux continents et quatre pays… Le spectacle est présenté à l’Institut français et dans d’autres villes du Cameroun. Il est présenté aussi à Caen, Alençon et Cormelle-le-Royal, à Blainville, à Hérouville  et au festival « Les Africales » en Basse Normandie.

En 2009, il fabrique les marionnettes pour le spectacle d’ouverture du festival panafricain d’Alger et y joue sous la direction artistique de Kamel Ouali.

De 2003 à 2007, il est membre fondateur et le charge de l’artistique à l’Espace Tiné et du Festival International des Contes « Les Rencontres itinérantes des Arts de la Parole et du Langage » de Brazzaville soutenu par l’OIF (Organisation intergouvernementale de la Francophonie), la fondation Prince Claüs…
Ulrich N’toyo a également travaillé avec, Roch Amedé Banzouzi, Roch Baloukou Massimo Schuster, Alain Gaizburger, Carlo Brand, Daniel Mayar, François Généreux, Were Were Liking, Désiré Yameogo, Abdon Fortuné Koumbha, Maria Nikenen, Joujou Turenne…

Presqu’illes

 

Mis en voix par Louise Dudek

Résumé :

Elle prend la parole et se présente en tant qu’autrice.
Mais sitôt le mot lâché, elle ne peut que constater la violence des réactions qu’il suscite.
Alors elle décide de prendre sa défense, et voilà qu’une sorte  de tribunal surgit, qui verra des expertes plaider en sa faveur. Bientôt, d’autres figures, sorties de l’Histoire, viendront également s’affronter en nous révélant toutes les résistances qui ont entravé la féminisation de la langue.

Au même moment, dans une école élémentaire française, un jeune enfant n’accepte pas la faute d’accord qu’il a faite. Il refuse de rentrer chez lui et oblige sa maîtresse à rester, afin qu’elle lui explique la genèse de la règle qui lui a valu une marque rouge sur sa copie. De questions en questions, il finira pas se demander qui a fait la plus grosse « faute », de lui ou de l’Histoire…


Titulaire d’une maîtrise de théâtre, je créé ma compagnie en 1997, afin de développer la pratique théâtrale des enfants et adolescents, avec des textes interprétés par des jeunes pour des jeunes.
Avec cette troupe, nous inventons de nombreux spectacles originaux (dont certains achetés par la Ville de Paris à destination des établissements scolaires ou de loisirs) : Zouxor, les ombres, l’île aux papillons, La ligne (Lansman Editeur), etc…
Parallèlement à la pratique d’enseignement, j’écris pour les adultes des projets plus personnels ; naîtront ainsi : Variations sur le don, le Silence d’Emma, Méchante (librairie théâtrale – L’oeil du Prince), que je mets en scène dans des salles parisiennes.
Il y a un an, je décide d’abandonner l’enseignement du théâtre pour reprendre le fil de l’écriture et m’y consacrer…

En 2015, un de mes textes I have a dream a été lauréat de l’appel à texte lancé par la Maison du Théâtre de Jasseron.

En 2016 :
-Le projet  les pavés de l’Enfer est lauréat de l’aide à l’écriture de l’association  Beaumarchais-SACD.  J’intègre le dispositif Ecritures Théâtrales en Chantier (CDN Poitiers).
– Le texte La peste et le choléra est lauréat de l’appel à texte lancé par la Maison du Théâtre de Jasseron. Je serai accueillie à la Chartreuse en mars 2017 afin d’en écrire la version longue.
– Je participe au bocal agité de Gare au théâtre de Vitry : Zone G sera édité aux éditions de la Gare.
– Enfin, à partir de septembre 2016, je commence la mise en scène de ma pièce Domestiquée qui sera représentée à Paris au mois de mars 2017.

Vert territoire bleu

 

Mis en voix par Hakim Bah

Résumé :

Après une catastrophe nucléaire, une Nation sans nom éructe des lois totalitaires et militaristes. À seize ans, les garçons partent à la guerre et es filles pondent les futurs combattants. Deux adolescents, N. et K., s’enfuient le jour de leur recensement. Ils se réfugient dans un bois « secure » saturé d’ondes radioactives. C’est la zone interdite dans laquelle plus personne ne vit et où les sangliers prolifèrent autant que les tournesols jaunissent au césium. Au milieu du bois, il y a une maison. Un Vieux est là, immobile sur sa chaise. Sans mot et pas crevé. À peine bat-il d’un œil. Malgré la radioactivité, les adolescents décident de s’installer chez lui. Au moins ici, dans ce paradis sous périmètre, il y a du possible et personne ne viendra les y trouver. Mais comment inventer la vie et ses règles quand on ne sait rien et qu’alentour les fusils mitraillent ? À quelle utopie rêver au milieu du désordre et des métastases ? K. cherche des réponses auprès du Vieux, seule preuve qu’un hier a existé – mais lequel ? Le futur s’invente à la faveur de martiens qui n’arrivent pas sauf dans les rêves. On graille du poulet et tout semble okay. On se touche du bout des mains. On se demande en mariage. On hurle une nouvelle Loi. Et si on procréait un enfant ? Et si on redoublait la vie en mieux ? Et si on chassait un cerf ? Et si on se crachait que demain ce sera joli ? C’est zen ici. Entre vert et bleu, la couleur de demain se cherche. Et la mort rôde, en habit de spationaute.


Née en 1987, Gwendoline Soublin se forme d’abord en tant que scénariste en ciné-sup’ à Nantes. Puis poursuit ses études au Conservatoire d’Art Dramatique du XVIIIème à Paris. Parce qu’elle aime s’investir dans des aventures multiples elle a entre autres : animé des ateliers d’écriture en lycée, joué sur des places de village, pratiqué l’art-thérapie en tant que clown auprès de patients âgés atteints d’Alzheimer et cérébro-lésés, vendu des légumes, organisé des scènes ouvertes, dirigé le collectif M’as-tu vu?, écrit des papiers pour le webzine Rhinocéros, chroniqué sur la radio associative de l’Espace Albatros de Montreuil, pondu un testament et semé des graines de rêverie lors de voyages en Amérique du Sud, en Europe ou en participant à de nombreux festivals de cinéma.
En 2014, elle a reçu l’aide d’Encouragements du Centre National du Théâtre pour sa deuxième pièce, Swany Song, et en 2015 elle a été accueillie à la Chartreuse-CNES – pour y écrire une pièce jeunesse, Les Monstres, lue pendant La Belle Saison. Durant l’été 2016, elle a fait partie de l’Obrador d’Estiu de la Sala Beckett à Barcelone dirigée par Simon Stephens, et pour laquelle elle a écrit un texte court traduit et joué en anglais/catalan, Pig Boy. En février 2017, elle rejoindra la résidence 10 sur 10 organisée par Drameducation en Pologne. Fabrice Melquiot l’accueillera au théâtre Am Stram Gram de Genève au printemps 2017 à l’occasion de l’écriture d’une nouvelle pièce et d’actions poétiques à destination des plus jeunes. Vert Territoire Bleu est son dernier texte.
Depuis septembre 2015, elle est étudiante au sein du département Écrivain Dramaturge dirigé par Enzo Cormann et Samuel Gallet, à l’E.N.S.A.T.T. de Lyon.

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